Leçon n°70 : Etre au chômage

Je ne connaissais pas, ce truc qu’on appelait chômage. Et je vous conseille de ne jamais le connaître. Si sur le papier le chômage semble tentant, la réalité est tout autre. On nous ment et, à moi, on me la fait pas !

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Le chômage c’est un peu une cage dorée, une vieille croûte qu’on ne cesse de gratter, un amour de jeunesse qui ne nous quitte jamais vraiment. Ce que je veux dire c’est que le chômage, c’est un vieux con qui vous emprisonne, un Daddy Sugar qui vous donne l’illusion du bonheur.

Il m’avait tenté moi aussi. Du repos, du temps, un peu d’argent. Le combot parfait. Mais ce que je ne savais pas c’est que le chômage rendait addict. Pire, il devenait votre âme sœur, votre partenaire, conjoint, amant, meilleur ami. Il vous collait à la peau comme une huître à son rocher, un escargot à sa coquille, un obèse à son burger.

Le chômage vous attrapait telles les sirènes d’Ulysse et ne vous lâchait que lorsque la fainéantise avait bouffé vos veines et la dernière racine de vos os.

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D’abord, il vous emmène en croisière. Comme un fantasme qui se réalise enfin, il te tend les bras, cache ses défauts et te supplie de monter à bord. Il te promet monts et merveilles : du sommeil, beaucoup de repos et du temps. Ce temps que tu rêves depuis toujours, ce temps qui nous manque à tous, ce temps qu’on fantasme de figer. Enfin. Enfin il ne nous glisse plus entre les mains, au contraire, il s’y attache comme une encre indélébile, une marque de feutre qui ne part pas même après 5 douches. Alors tu montes, tu fonces même et tu prends la suite royale dans ce bateau qui te promet un voyage mémorable. 

Et c’est le grand départ. Tu l’attendais tant. Mais ce que tu ne savais pas, c’est que tu avais le mal de mer, c’est que ta chambre était un cercueil et que le buffet n’était pas gratuit. C’était un piège. Le temps, c’est long. Et toute seule, c’est encore pire. La croisière se transforme en enfer, les journées se ressemblent toutes et tu finis par te souvenir que ton compte en banque n’est plus aussi fourni qu’il l’était.

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C’était ce qui m’arrivait. À peine quelques mois au chômage que j’avais l’impression d’être dans le Titanic et d’avoir bouffé tous les icebergs de l’océan. Je coulais au fond de mon lit, enveloppée dans des draps salis par des chips périmés et des tâches de coca. Je périssais comme cette chaussette qui traînait là depuis des semaines, étalée devant une télé qui me nourrissait fictions franco-francais. Je me plaignais et j’en reprenais tous les jours. Le chômage était un mensonge, un doux mensonge. Et malheureusement, j’avais toujours eu un faible pour les menteurs. J’étais tombée follement amoureuse, du mauvais encore une fois, mais je n’avais rien vu venir. Je t’aime chômage, avec tout tes défauts.

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