Leçon n°69 : Ne plus avoir de relations sexuelles (et finir désespérée nue sur une boule comme Miley Cyrus)

Toute ma vie recommençait. Je n’avais plus rien. Presque rien. La seule chose que j’avais encore c’était la certitude que je n’avais rien. Ce ne faisait pas beaucoup, en somme.

Si j’avais surtout perdu mon travail, j’avais avant tout abandonné ma vie sociale. Presque plus de sorties, plus de potes, de collègues, de Gertrude qui filait le parfait amour, plus de stagiaire à terroriser, plus de patron à fantasmer. Je n’avais pour seul ami qu’un sextoy sans pile.

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Je devais tout reprendre, depuis le début. Si certains me disaient de retrouver un travail pour revivre normalement, dans le fond, nous le savions tous : la seule chose dont j’avais besoin c’était un bon gros pénis. C’était au cours d’un dîner, avec Bridget, que nous avions conclu qu’une pénétrante entrée en matière serait la solution à tous mes problèmes. Je cumulais : Eczema sous la poitrine, urticaire au pubis, acnée sur le front et poils incarnés sur les jambes. J’étais dégueulasse. Mon corps se laissait aller. Je ne servais plus à rien, comme un clavier sans la touche entrée, comme une photo Instagram sans like, comme Rihanna sans twerk, comme une chaise sans dossier. J’étais un tabouret. Un simple tabouret sur lequel s’asseyait des gros culs. Des gros culs flasques qui eux se faisaient prendre. Et moi, moi petit cul rebondi de Beyoncé, sosie officiel du fessier de J-Lo, je restais sans même une main pour me claquer la bise. J’avais besoin d’une bonne fessée. Et je savais pertinemment quand j’allais la recevoir.

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Si ma vie était aussi plate que la poitrine de ma boulangère, qui comble de l’ironie n’avait pas de miches, il me restait un espoir : les soirées à thème. Et c’était la bonne excuse. Comme tous les week-end, mon groupe de copine se mettait en chasse et sortait les griffes. « Un soir, un mec« . C’était leur credo que je portais, moi, comme un lourd fardeau. Mais pas cette fois. Cette fois, je l’étendais dans les airs comme un cri du cœur, comme un appel de l’utérus, une hymne nationale à base de « Prenez-moi ». Et elles avaient tout prévu.

Il s’appelait Benjamin. On l’appelait Ben. Personnellement, je ne l’appelais pas. C’était le frère de l’ami d’une pote. Un mec qu’on devait me présenter depuis toujours, une sorte de gendre parfait qu’on voulait me refourguer et que je n’avais jamais rencontré parce que, justement, on le surnommait Ben. Rien de plus ringard. On me l’avait vendu comme une pointure, le genre de mec dont toutes les nanas tombaient amoureuses mais qui bizarrement était constamment seul.

Et je comprenais enfin pourquoi il l’était, seul. Ben appartenait à une espèce de race éteinte, ce qu’on appelait dans notre jargon « un mec bien ». Il m’avait fait croire qu’il attendait la bonne et qu’il ne sautait pas sur n’importe quoi. Il avait parlé à mon cœur, et même à mon vagin. En 3 minutes 52, il m’avait mis la bague à la main et le stérilet dans l’utérus. J’étais tombée sous le charme. Et ses mots résonnaient dans ma tête. « J’attends la bonne ».

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En effet, il attendait la bonne… La bonne pouf qui lui titillerait le gosier le plus profondément possible.

A l’instant même où je le quittais pour me repoudrer le nez et surtout changer mon protège slip, je le vis quitter précipitamment le bar avec une bourgeoise aux yeux d’ange.

J’aurais du sortir le collier à perle, ça plait toujours au gendre idéal.

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