Leçon n°67 : Revenir avec panache

C’est vrai que j’ai un peu craqué ces derniers temps. J’ai même complètement vrillé. Le genre de burn-out qui fait fuir les pires des déprimés, les mères aux foyers en manque de sexe et les comateux alités depuis des semaines. J’ai pété un câble. Un gros câble.Le truc qui arrive quand le succès frappe à la porte. Mais ce succès il a tapé drôlement fort cette fois. Un peu comme la dernière performance de Rocco Siffredi ou comme un prisonnier enfin libéré après 10 ans derrière les barreaux. Vous voyez le style. Du costaud.

Cette histoire mérite d’être racontée, pour toutes ces étoiles montantes parties trop tôt #onnevousoubliepas.

sisi

C’était il y a 6 mois. Si j’avais été enceinte, j’accoucherais actuellement d’un fœtus prématuré aux doigts d’alien et au crâne difforme. Mais je ne suis pas enceinte. Là n’est donc pas le problème. La seule chose qui détruisait mon utérus, il y avait 6 mois, c’était l’angoisse de la réussite.

Moi, Mary Bridgestone, j’allais enfin devenir la grande journaliste que je rêvais d’être, celle qu’on acclamerait dans le monde de la presse, celle qui ornerait les feuilles blanches de son écriture divine, celle qui serait capable de trouver une faute dans une orthographe parfaite, celle qui dénoncerait sans mal et qui argumenterait pour le bien. J’allais être l’héroïne à la plume sacrée. C’est en tout cas ce que j’imaginais et qui me semblait être une évidence. Et pourtant, le succès allait avoir un goût amer. On peut même se le dire : un goût de merde.

bien-sur

C’était un mercredi à l’aube. Comme tous les matins, je retardais à 4 fois mon réveil, perdais 25 minutes à trouver un chouchou pour attacher ma crinière et hurlais à l’injustice quand j’entendais mon voisin de l’étage sauter ce que je voulais imaginer être une grosse vache. Ce mercredi matin, je décidais de travailler de la maison. Je n’avais toujours pas trouvé d’élastique pour mes cheveux et je ne pouvais décemment pas sortir avec la coupe des Jackson Five. C’était un argument suffisant pour laisser mon gros cul collé sur ma chaise.

J’ouvrais mes mails, n’en lisais aucun et fonçais sur Facebook. Et là, stupeur. La providence me frappait. « Qui l’eut cul ? », ce magazine qui m’avait offert tant de bonheur, qui avait signé mes premiers échecs, essuyé mes premières fautes, illuminé mes premiers succès, tombait à l’eau. Il quittait la scène. Comme ça. Sans même un au revoir ou un préavis. Il nous laissait seuls, orphelins, la queue entre les jambes, ou devrais-je dire, le ticket de métro sur le pubis. Je restais là, sans un bruit (Ou presque. Visiblement mon voisin n’avait toujours pas fini).

J’étais chômeuse. Et si durant quelques secondes j’avais paniqué, j’avais cessé de respirer, j’avais finalement vu tout cela comme un signe du destin. Il me fallait une pause, un moment à moi, un moyen de me rappeler qui j’étais et ce que je voulais être. Et visiblement, c’était plus compliqué que ce que je croyais.

Pendant 6 mois, j’ai abandonné tout ce que j’ai pu être, ce que j’ai pu vouloir ou ce que j’ai pu envier. Je n’étais plus personne et cela m’allait bien. Pendant 6 mois, j’avais fait ce que je n’avais pas pu faire depuis longtemps : Prendre du temps pour moi.

merci

Et après c’est 6 mois, je suis ici, toujours chômeuse, toujours perdue, comme une enfant de 8 ans qui décide de devenir chanteuse, comme une collégienne durant son premier rendez-vous avec Mme Certaud la conseillère d’orientation à la moustache noire, comme un lycéen le bac en poche prêt à dévorer la vie avec pour seule arme ses dents de lait.

Mais me revoilà, encore plus ambitieuse, encore plus rêveuse, encore plus heureuse. Rien n’arrive par hasard, tout cela a un sens.

Laissons lui un peu de temps.

 

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