Leçon n°60 : Prendre le noctilien

J’ai des amies formidables. Et je ne vous en ai jamais parlé. Bien sûr, vous connaissez Bridget et Gertrude, mais vous ne connaissez pas les autres. Tous les autres. Celles qui pourtant sont essentielles. Celles qui crient aussi forts que moi, celles qui me poussent à être encore pire, celles qui rigolent quand j’arrache les néons et qui me supplient de recommencer. Vous ne connaissez pas encore celles dont je ne parle jamais et qui ne me quittent pas. Et elles avaient encore frappé, pourtant.

bombe

C’était un soir. Ou devrais je dire une nuit. Certaines étaient partis et d’autres étaient encore là. Et c’était d’elles dont il était question, de celles qui étaient restés. Elles, elles avaient fait un massacre, dans ce noctilien de 4h du mat blindés de gens trop alcoolisés et de collants effilés. Elles avaient tout donné à ce moment précis.

D’abord ma copine au regard noir, au sourire ravageur et au décolleté dont personne ne résistait. C’était la tombeuse. Je l’avais même interviewée un jour pour un article dans « qui l’eut cul? ». Le sujet ? Ces femmes qui dominent.

Elle avait un talent. Un vrai. Enfin surtout de l’expérience. C’était notre déesse du sexe. Elle nous enseignait des choses. En théorie et en pratique. Je me souviens encore quand elle avait attrapé la bouche de mon autre amie, un soir au milieu du bar. Et elle s’était laissée faire. « Il fallait apprendre » disait-elle. Alors on apprenait. Et dans ce noctilien aussi on avait apprit. On avait apprit lorsque ce brun ténébreux était entré dans le bus et s’était assis à quelques sièges de nous. Elle lui avait sauté dessus. Littéralement. Si d’abord elle l’avait simplement sifflé, elle avait finalement employé les grands moyens et s’était jetée dessus. Bien sûr, elle s’était loupée et était tombée à ses chevilles. Il l’avait poussée, nous nous étions excitées, avions tenté de lever les poings pour finalement n’élever que la voix et avions créé l’embrouille. La vraie embrouille avec des insultes entre bourrés, des bouteilles qui volent, l’alcool qui coule à flot et le connard qui pisse sur la barre.

Mes copines étaient des guerrières.

fight2L’une d’elles étaient sur le dos de ce mec vraiment pas mal, une autre criait des insultes en marseillais, l’héroïne de l’histoire roulait finalement une pelle au réticent (une chasseuse je vous disais) et la dernière s’était endormie dans un profond sommeil.

Le bus s’était arrêté, nous avait projetées au fond de l’engin et le chauffeur nous avait ordonné de sortir. J’attrapa la tombeuse, réveilla la belle au bois dormant et récupéra mes gladiateurs pour sortir du noctilien.

C’était sans compter sur ce connard qui lui aussi voulait passer. Il me poussait, me bousculait, et finissait par faire son chemin avant d’hurler, dans le noctilien « Bouge ton cul Boudin ! « . 

4h du mat, au milieu de Paris, avec mes amies, mon gros cul et le bonheur de ces moments. Merci.

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