Leçon n° 53 : Aimer les dad Bod

La bedaine. C’était la nouvelle passion de toutes mes copines. Une nouvelle tendance venue tout droit des États Unis m’avaient-elles dit. Elles appelaient ça le « dad bod« . Littéralement, « le corps de papa ».

C’était donc ça, le nouveau fantasme des femmes. Terminé les abdos alléchants, les muscles saillants, les corps de dieu vivant. Maintenant, ce qui faisait ravage, c’était le gras. Tout le monde semblait être d’accord. Surtout une vieille amie que je n’avais pas vue depuis plusieurs mois. Jennyfer, la reine du lycée, la plus jolie de toute la classe et en plus, la plus intelligente. Et surtout, elle, qui, au lycée, aimait tant les corps d’athlète. Mais elle avait finalement cédé à son tour. Elle avait choisi un « Dad bod ». Un vrai de vrai.

dad bod2

Et c’était le jour des retrouvailles. J’allais enfin la revoir et connaitre son grassouillet, celui à qui elle grattait le double menton et à qui elle attrapait les poignées d’amour. Elle m’avait invitée au restaurant, un fast food de luxe, le lieu préféré de son gorille. Rien d’étonnant.

La rencontre ne manquait pas de réussite. Il était le cliché même du dad bod. Voir pire. Si le dad bod signifiait une légère bedaine, ici, il était question d’un vrai gros, et pas d’un petit surplus. Un grand aux épaules carrés et au regard tendre, au ventre de femme enceinte et aux seins plus dodus que les miens. Un monstre. Une sorte de shreck. Terriblement gentil donc. Elle n’avait pas seulement pris l’option bedaine ma copine. Non, elle avait pris tout l’engin, massif de la tête aux pieds. Hyper impressionnant son mec. Surtout lorsqu’il emboucha les frites 3 par 3, son triple cheese burger en 4 bouchées et qu’il descendit un litre de bière par minute. J’étais bouche bée. En extase.

simon cohel

Puis, tout d’un coup, alors qu’il parlait de combien il se passionnait pour la nourriture, aussi bien française qu’étrangère, il coinça accidentellement un petit bout de salade entre ses deux dents. Il ne m’en fallait pas plus. J’étais hypnotisée. Hypnotisée par cette feuille qui recouvrait les 3/4 de sa dent. Et je ne voyais plus que ça. Ça, et la bedaine frottant le rebord de la table. C’était trop. Je me sentais mal. Au sens propre.

J’entamais à peine ma première frite, que je sentais mon corps s’affaiblir, ma tête tourner et mes yeux se fermer contre mon gré. Je lâchais prise. Et alors que je tombais, presque raide, de tout mon corps, la tête la première dans ma sauce barbecue, l’homme au ventre rond, sans une once d’hésitation, fonça jusqu’au comptoir, ordonna avec sa voix de viking qu’on m’apporte des serviettes fraîches et un verre d’eau, m’attrapa à bout de bras avant que je ne m’effondre, et, me soulevant comme une princesse, me passa délicatement les lingettes sur le visage, me chuchotant des mots rassurants. « Ne nous quitte pas, pas maintenant » m’avait-il dit avec douceur. Il venait de me sauver. Un héros, un vrai gentleman.

gentleman

Enfin, Je comprenais. Enfin, je savais ce que mon amie aimait tant. Ce gros nounours était un cœur sur pattes, un trésor de gentillesse, en somme, un homme bien tout simplement. Il avait tout, cet apollon.

C’était donc ça, finalement, le dad bod. Un ventre un peu plus encombrant pour laisser de la place à un cœur bien trop gros. C’était décidé, moi aussi, je voulais un dad bod.

Publicités

6 réflexions au sujet de « Leçon n° 53 : Aimer les dad Bod »

Partage ton avis !

Entrez vos coordonnées ci-dessous ou cliquez sur une icône pour vous connecter:

Logo WordPress.com

Vous commentez à l'aide de votre compte WordPress.com. Déconnexion / Changer )

Image Twitter

Vous commentez à l'aide de votre compte Twitter. Déconnexion / Changer )

Photo Facebook

Vous commentez à l'aide de votre compte Facebook. Déconnexion / Changer )

Photo Google+

Vous commentez à l'aide de votre compte Google+. Déconnexion / Changer )

Connexion à %s