Leçon n°48 : Avoir des rêves

Je n’aurais jamais dû rentrer chez mes parents. C’était la même chose. Tout le temps. Ou très souvent. Ils me répétaient les mêmes sermons, les mêmes discours moralisateurs. Et ils avaient récidivé ce week-end, alors que tout était calme, que tout se passait pour le mieux. Ils avaient osé. Osé m’amener à une de leur soirée pourrie pour me présenter « du beau monde, des gens influents qui pourraient m’aider à réaliser mes rêves ». D’après eux, je n’étais pas assez débrouillarde, pas assez manipulatrice, pas capable de faire les bons choix. C’était ce qu’ils avaient dit. En moins violent. Pour être honnête, ils avaient simplement dit qu’ils savaient que je faisais de mon mieux. Mais je savais ce que cela signifiait, en langage parental. C’était un de mes nombreux talents : l’interprétation.

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Ils avaient organisé LA soirée du siècle, celle qui réunissait le rédacteur en chef de Cosmo et tout le réseau du journalisme, celle qui devait me permettre de briller en société et qui me permettrait de réaliser mon rêve : devenir chroniqueuse dans un grand magazine. Bien sûr, ils ne connaissaient personne. Mais ils avaient invité quelqu’un qui allait inviter quelqu’un qui connaissait ce fameux monsieur. Évidemment, il n’était pas là. Une déception de plus. Il n’y avait personne, personne pour influencer mon futur.

Je n’y croyais plus, à mon rêve, à mes ambitions, à mon conte de fée. Je ne serais jamais la grande chroniqueuse que je voulais devenir, je ne serais pas cette femme que j’imaginais, cette nana épanouie qui vivrait ce qu’elle avait idéalisé depuis toute petite. Je serais cette fille qui bosse dans un taff merdeux, qui se réveille chaque matin uniquement pour payer ses factures et qui se marierait avec son ami d’enfance parce qu’il sera le seul à vouloir d’elle. Et encore, il faudra le payer en donuts.

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Je m’asseyais sur le vieux canapé un verre de vin à la main, m’enfilant cacahuète sur cacahuète, et sortais mon téléphone pour vérifier mes derniers mails. Rien. Je n’avais rien à part une déprime naissante. Et j’avais le droit au monologue de mes parents, qui, je le savais au plus profond de moi, était sincère. « Nous voulons ton bonheur » m’avaient-ils dit.

Je le voulais aussi. Je caressais le chien, ce bon vieux Franck, sans cesser d’engloutir tous les arachides qui ornaient la table. Je l’enviais ce sale cabot. Je le jalousais même, lui qui n’avait aucun rêve, qui n’avait aucune frustration ou déception. Je lui glissais ces mots, je lui disais que je n’y arriverais jamais, que quelque part, j’allais abandonner.

Et quelque chose de magique se produisit. Mon chien, ce connard de Franck me répondit, avec sa petite gueule et sa truffe qui gigotait. Il me parla et, plus encore, il m’expliqua sa théorie, sa théorie des rêves. Et, sans bouger, je l’écoutais. Il détaillait tout. Il m’expliquait que la vie était faite de rêves, rêves qui devaient devenir réalité. Il me disait que chacun d’entre nous devait y croire et moi spécialement, que j’y arriverais, qu’il ne fallait pas que je cède, encore moins que je renonce. Il m’offrait ce qui, durant quelques secondes, m’avait perdue, ce que personne n’avait été capable de me redonner : la confiance en moi. Mon chien croyait en moi. Plus encore, il voyait mon avenir. Et il me l’annonçait radieux.

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Je me réveillais le lendemain, allongée dans un lit d’hôpital. Le chien ne m’avait bien évidemment jamais parlé. J’avais juste omis que j’étais terriblement allergique aux cacahuètes. Mais si tout cela n’était qu’un mirage, au plus profond de moi, je ne devais pas oublier ce que mon inconscient m’avait rappelé : Je devais y croire. Toujours. Et ne pas y renoncer.

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6 réflexions au sujet de « Leçon n°48 : Avoir des rêves »

  1. Les cacahuètes, c’est la vie.
    Alors toi aussi t’as des dialogues profond avec ton chien ? Perso j’mengueule tout le temps avec mon chat.
    Sacré billet de motivation assez différent de la méthode Coué ahah La moralité de ton histoire c’est qu’il faut être barjot pour être optimiste ahah

    J'aime

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