Leçon n°39 : Voyager à Bali

Je découvrais Bali. Ses paysages à couper le souffle, ses rizières, l’océan à perte de vue, et sa culture. Surtout sa culture.

C’était le 28 septembre 2015, et qui disait 28 septembre disait surtout super full moon. Je m’y voyais déjà. Je m’imaginais cheveux au vent, les pieds dans le sable, cocktail à la main, à savourer une soirée intense sur un son d’ambiance électro. C’est ce que représentait la super full moon pour moi : une fête de malade où on se déchainait comme un foufou.

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Ce n’était pas ça. Loin de là. La super full moon était une fête traditionnelle, une véritable institution. Comme l´expliquait si bien le nom, lors de cette pleine lune, tout devenait possible. C’était une sorte de renaissance pour chacun d’entre eux. Le moment de recommencer à nouveau, d’entamer une vie toute neuve remplie de projets fructueux.

J’étais donc invitée, par ce petit groupe de balinais trop très sympathique qui se faisait un plaisir d’amener une blonde à la poitrine de Beyoncé et à la peau blanche. Mais il y avait une condition. Il y a toujours une condition. C’était le sarong. Ce truc pas franchement sexy qui recouvrait mon cul sans me laisser la possibilité de marcher, qui m’enveloppait comme une sorte de gros wrap, qui me saucissonnait comme un poulet prêt à passer au grill. C’était charmant. Mais surtout, le sarong, c’était l’outil que toutes les femmes devaient absolument porter, celui qui cachait l’infime partie de leurs jambes, celui qui se devait de recouvrir ce que les balinais considéraient comme impur. C’était leur culture. Mes jambes de mannequin devaient être hors de la vue des hommes, du haut de ma hanche jusqu’au bas de ma cheville.

C’était le moment. Torse nu, habillé de son plus beau sarong, chacun s’enfonçait tour à tour dans une eau glaciale, sous l’œil chaleureux d’une lune rouge brillante, purgeant leur corps tout entier et bénissant leur âme devant leurs bienveillants dieux. Et c’était à mon tour. Je me retrouvais baignée dans un océan de méditation. Je ressentais les énergies, les ondes positives et les forces divines remplir mon corps. J’étais shootée au bonheur.

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Et alors que mon initiation touchait à son terme, qu’enfin les dieux m’avaient donné leurs vœux de prospérité, je sortais de l’eau devant une foule médusée, qui ne me quittait pas d’un regard. Ils étaient hypnotisés. Hypnotisés par l’intensité de cette première fois, par l’investissement dont j’avais fait preuve. J’avais vécu le truc. Avec engouement. Je me retournais face à ce bac d’eau géant qui m’avait offert un moment hors du temps, je respirais un grand coup, fermais les yeux un dernier instant, levais les mains au ciel comme pour remercier l’univers. Et, joignant les mains une à une, terminant mon sketch par une prière dont je ne connaissais pas les mots, j’ouvrais finalement les yeux et sortais de ma transe. Et, comme pour me ramener à la réalité, j’aperçus au milieu de l’eau, ce bout de tissu tellement sacré qui, quelques minutes avant, cachait mon imposant fessier. Comme pour prendre conscience du drame, je tâtonnai mon gros cul, sentis ma cellulite au vent et compris le malheur. Mes deux imposants jambonneaux étaient de sortie, sous le regard d’une cinquantaine d’hommes choqués à qui je venais de voler la pureté.

Une fois encore, mon cul avait frappé.

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