Leçon n°30 : Etre libre

J’avais enfin rendu cet article que je devais tant écrire. Un article qui me demandait de la concentration et du temps, de la réflexion et du talent. Un article de merde de 50 pages sur l’amour sans sexe. Cet amour auquel je ne croyais guère, et qui n’existait sans doute pas. C’était d’ailleurs comme ça que j’avais commencé mon article. Mais bien sûr, un tel discours ne prenait que deux lignes et je me devais d’être un peu plus diplomate.

Je m’asseyais donc à mon bureau en face de cette grosse Gertrude qui admirait la bague qui boudinait ses saucissons et me concentrai. J’avais besoin de matière. Je voguais donc sur ces blogs, ces forums, ces lettres numériques à la dépression palpable. Ces hommes, ces femmes dont le seul mérite était d’avoir assujetti leur organe à un instrument pour pisser. Et je m’imaginais, à leur place, obligeant mon utérus à une abstinence forcée, lui interdisant de saluer les pénis en pleine force de l’âge, le contraignant à n´être qu’un tunnel sans passage. La panique.

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C’était d’une absurdité. Qui voudrait subir une telle torture ? Et je lisais, m’informait et essayait d’être tolérante. Tous ces gens recherchaient la pureté dans le couple, la sagesse, l’amour sincère. Ce n’étaient que les arguments d’une vierge effarouchée, d’une quarantenaire en perte de libido, d’un vieux mâle au phallus affaibli. Ils n’avaient rien compris. Quoi de plus sincère qu’une fellation sur le canapé ?

Mais à contre-courant, bravant mes opinions, j’écrivais que l’amour devait naître sans levrette, rythmant l’article d’une poésie salace. Alors que je posais le dernier mot sur le papier, que je me débarrassais de cette corvée, je reçus un message de John qui était finalement resté dans ma vie. Et je me chargerai de vous conter cette histoire dans un futur proche. Il écrivait d’une plume fourbe, d’une plume que j’aurais préféré mettre dans son cul pour ne jamais l’entendre : Nos ébats sont magiques, ton corps est une merveille mais il est temps que j’explore ton âme. J’aimerais que nous nous calmions niveau sexe et que nous partagions plus. Que penses-tu de se voir sans coucher ensemble pendant un petit temps ?

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Explorer mon âme ? Un petit temps ? Bien d’autres choses méritaient une exploration, et de fond en comble. Tu ne trouveras rien dans mon âme imbécile. Explore mon corps, mon vagin, avec tes doigts, ta langue, ton pénis de la taille de la tour Eiffel mais épargne mon âme. C’était ce que j’avais répondu. Dans mon cerveau, détruit par mes frasques sexuelles. En réalité, je lui avais simplement répondu ok. Un ok froid. Et un sourire. J’avais répondu un OK froid et un sourire. Et j’envoyai.

Assise sur ma chaise, devant ma vie enfin libérée et accompagnée de mes envies de folie, l’esprit vagabondant comme une étudiante ayant rendu son rapport de fin d´année, je regardais s’éloigner mes nuits blanches de sexe, mes courbatures de parties de jambes en l’air, mes orgasmes réveillant mes voisins. Je leur hurlais de ne pas me quitter, que sans eux, je perdais l’amour, le plus important, celui de la vie du sexe.

.mon dieu

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